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THE EMILE ZOLA SOCIETY
Life & Times of Emile Zola

Du livre...à l'écran
par
Martine Le Blond-Zola

 

Si le feuilleton et l'affiche qui l'annonce sont les meilleurs procédés publicitaires pour lancer un roman au moment où Zola écrit et publie Les Rougon-Macquart, le cinéma va vite prendre la relève. En effet, un film tiré d'une œuvre romanesque, annoncé lui aussi par l'affiche, multiplie l'impact d'une pareille mobilisation du public.

Or, curieusement, au moment du décès de Zola, en 1902, on projetait dans les baraques foraines, depuis le mois de mai, un film inspiré de L'Assommoir. L'auteur en était Ferdinand Zecca et le titre: Les Victimes de l'alcoolisme; c'était une série de tableaux vivants qui rappelaient directement le roman et davantage encore la pièce tirée par Busnach qui avait eu un grand succès à L'Ambigu. Ces tableaux reproduisaient surtout très fidèlement les costumes et les décors ouvriers de l'époque. Ce réalisme, réclamé par Zola lui-même dans ses articles consacrés au théâtre naturaliste, qu'il appelait de tous ses voeux, ne pouvait que satisfaire un public populaire heureux de se retrouver sans fard sur l'écran.

C'est cette image du réel, visant non seulement la mise en scène mais la vie elle-même des milieux sociaux ainsi exposés, qui fit le triomphe du cinéma et incita tant de producteurs à tirer des films des romans de Zola.

Quoi de plus normal? En effet, Zola, porté par son amour des arts plastiques, critique d'art égal à Diderot et à Baudelaire, formé à l'école des peintres les plus grands de sa génération, admirateur de Rodin, passionné de photographie - cet art qu'il pratiqua avec une maîtrise sans défaut - peut être considéré comme un ancêtre du cinéma. A son œuvre écrite ou photographique, il ne manquait que le mouvement mécanique. La caméra le lui apportera.

Déjà, il a inventé le scénario, ses plans et ses décors. Le déroulement des faits qu'il conduit s'ordonne dans le sens de l'aventure cinématographique la meilleure. Les effets de film pullulent dans son oeuvre: tels ces points à peine visibles qui s'enflent pour occuper tout l'écran comme la Lison de La Bête humaine, le semeur de La Terre ou les insurgés en marche dans La Fortune des Rougon.

Ces plans tout faits, ces fatales progressions vers un dénouement inéluctable n'ont pu que tenter les réalisateurs. Ceux-ci n'ont pas toujours réussi dans leur entreprise. Certains, en effet, n'y ont vu que le renom d'un titre de Zola et cette incitation peu honorable n'a pu que les conduire à une adaptation lointaine. Les exemples de tels échecs sont nombreux. D'autres, et c'est la meilleure revanche du romancier, ont su, tout en prenant parfois des libertés avec la réalité, conserver au livre non pas toujours la trame romanesque, mais la sombre grandeur des thèmes zoliens, des drames qu'il aborde, des milieux et des passions.

C'est Nana, de Jean Renoir, en 1926, avec sa débauche de luxe et de mouvement; La Bête humaine, en 1938, ce chef-d'œuvre de Jean Renoir avec Jean Gabin; Thérèse Raquin, en 1953, très infidèle cependant à Zola, mais que sauve l'inoubliable Simone Signoret; Gervaise, en 1956, à qui on ne sait pourquoi René Clément, malgré le désir que lui avait exprimé Jacques Emile-Zola, s'est refusé à rendre le titre de L'Assommoir; Pot-Bouille, enfin, qu'illustra Gérard Philipe, en 1957.

L'affiche, au XXe siècle, tient toujours la vedette dans la publicité; elle trouve tout naturellement sa place dans le domaine cinématographique. La radio, la télévision sont fugitives et ne laissent pas une trace durable susceptible de retenir l'attention. L'image fascine et ses couleurs ont cet impact lancinant qui brise l'apathie. C'est pourquoi sur les colonnes Morris, les palissades des chantiers, dans le métro et les gares, sur les autobus et les tramways s'étalent les affiches de films. Ce ne sont plus toujours des dessins d'artistes de renom qu'illustraient les panneaux publicitaires consacrés à Zola, mais des visages de comédiens connus figés dans des attitudes qui rappellent le film ou le roman. Zola et son oeuvre y trouvent toujours leur avantage.

Et c'est une image bien saisissante que cette affiche où l'on voit, toute fumante, la locomotive de La Bête humaine apposée au mur de la maison où Zola l'a conçue, tandis que passaient inlassablement les trains, au bout de son jardin, à Médan.

© Maison Zola - Musée Dreyfus